Lettre Ouverte

Publié le par Thierry

Suite au questionnaire de l'association Malakoff Environnement publié ici, nous leur avons fait parvenir cette lettre ouverte qui précise notre positionnement sur la question de l'écologie "Politique et Appliquée " :


Lettre ouverte
 
  « Nous n’héritons pas la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »

Si nous ne pouvons que partager vos préoccupations concernant l'environnement, nous sommes, en partie dans l’incapacité de répondre de façon exhaustive à votre questionnaire.
 
Notre collectif s’est mis en place avec ces citoyens déjà impliqués dans une « écologie politique et appliquée » et c’est ainsi que nous entendons agir, plus que dans le domaine de l’expertise qui est le vôtre et auquel nous n’hésiterons pas à faire appel.
 
Dans ce monde où tout est mis en place pour nous encourager à consommer sans modération et sans jamais mesurer l'impact de nos actions quotidiennes, notre objectif commun doit être d'assurer une vie décente pour chacun en préservant les ressources planétaires et en en garantissant une répartition équitable.
 
Ceci suppose forcément le développement des énergies renouvelables, autrement dit une forte volonté politique, faisant passer l’intérêt commun avant celui de tel ou tel lobby. Pour cela, nous prônons des actions collectives responsables et des actions de prise de conscience individuelle, sans toutefois verser dans la culpabilisation de chacun qui cache si bien les responsabilités réelles.
 
Aujourd’hui, « green is green » [de la couleur du dollar, comme l’exprime le patron de General Electric, qui a bien compris qu’il fallait « verdir » pour augmenter ses profits]. On convoque donc des « Grenelle de l’environnement » et on caresse les écologistes dans le sens du poil... mais rien ne changera tant que l’on ne remettra pas en cause les objectifs du capitalisme actuel, à savoir le maintien et le développement d’un système dans lequel la consommation du plus grand nombre doit tenir lieu d'existence, pour écouler l'hyper production polluante qui enrichit une toute petite minorité.
 
Le sacrifice des trois-quarts de la planète – sacrifice qui vaut autant pour les humains, que pour le reste du règne animal, végétal ou minéral – n'est pas pour nous un projet de société envisageable.
Nous allons poursuivre et développer les différentes actions déjà menées, réfléchir avec la population pour tenter d'inventer d’autres façons d’agir et d’organiser, ici et maintenant, la solidarité. « Penser globalement, agir localement » : la formule n’est pas de nous, mais nul doute que l’auteur nous la prêtera volontiers !
 
Dans cet esprit, nous proposons pour la commune de Malakoff, tant pour ceux qui y habitent, pour ceux qui y travaillent ou ceux qui ne font qu’y passer :
 
• Un droit à une alimentation saine, une atmosphère respirable et une eau potable, sans discrimination économique. Ce qui passe par la réappropriation des biens communs et une répartition équitable de leur utilisation (gestion municipale de l'eau, réflexion sur les modes de transports alternatifs, recyclage des déchets et des produits...) ;
 
• Un devoir de sobriété énergétique, avec la systématisation des bilans énergétiques pour tous les nouveaux projets et dans la maintenance des anciens (construction, éclairage, voie publique...) ;
 
• une priorité quotidienne vers l’éducation populaire avec des campagnes ciblées, des formations... et des aides spécifiques destinées aux personnes les modestes (et qui paient le prix le plus fort car elles n’ont pas les moyens d’acquérir les équipements « verts » économiques et subventionnés) ;
 
• Un respect de la population en lui donnant la possibilité de se réapproprier la ville par une amélioration de la déambulation citadine qui ne tient pas seulement à l’accessibilité des trottoirs (par les personnes âgées, les poussettes, les handicapés) mais aussi à l’existence de bancs publics, de sanitaires ou d' espaces verts...
 
• Un combat contre toutes les pollutions. Chimique, atmosphérique, bien sûr, mais aussi sonore ou visuelle par l’invasion d’un publicité agressive.
 
Pour tous ces sujets, nous comptons nous appuyer sur les associations et les collectifs déjà impliqués, mais aussi sur toutes les « bonnes volontés » et notamment les jeunes, souvent déjà sensibilisés à ces questions.
 
Il faut par ailleurs que la municipalité se prononce publiquement sur les questions fondamentales de notre environnement présent et futur, comme, par exemple, l’interdiction des OGM, et qu’elle pèse, par ses actes, en faveur des mesures conservatoires pour l’avenir de la planète.
Malakoff peut, par le biais de sa cuisine collective, agir en faveur d’une agriculture sans pesticides. Par son soutien aux réseaux « alternatifs » déjà existants dans la commune (AMAP, alter consommateurs, commerce équitable...), la municipalité peut développer l’accès pour tous à une alimentation saine et soutenir les paysans qui s’engagent pour nourrir la planète au lieu de la saccager.
 
Enfin, sans renier son passé, Malakoff peut ouvrir ses portes à l’innovation. Pourquoi ne pas étudier la possibilité d’une zone d’habitat écologique collectif comme il en existe déjà en Suisse, en Allemagne ou en Grande-Bretagne ? Ou la création d’une ressourcerie-recyclerie comme il en existe déjà plusieurs en France ? Ou encore des jardins collectifs sur le mode des anciens jardins ouvriers ? Ou encore l’éclosion de réseaux d’échanges de savoirs et de compétences, la naissance d’un café associatif...
 
Nous revendiquons le droit à l’imagination. Un droit au rêve qui s’enracine dans la solidarité, qui transporte la pollinisation des idées et l’essaimage des initiatives.
 
Loin des « yfaut » et des « yaka », nous avons l’habitude de faire. Ensemble.

Publié dans Elections 2008

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