Un article de Libé signé Gérard Mordillat

Publié le par Thierry

Aujourd'hui, jeudi 13 mars, Libération laisse son journal aux écrivains.
Ci-après, un texte de Gérard Mordillat.

Trahis jusqu’à quand ? 
Exemples de dénis démocratiques.

Une colère court de Rennes à Aix-en-Provence, de Metz à Lyon, de Limoges à Amiens, à Lille, à Marseille, à Paris… partout où des hommes et des femmes se réunissent pour parler de ce qui ne va pas en France aujourd’hui, du réel. Pas du retable des Merveilles que nous font admirer quotidiennement les membres du gouvernement sur les télévisions et les radios : le chômage baisse, le pouvoir d’achat ne va pas tarder à progresser, les prix à la consommation sont sous contrôle et autres sornettes débitées sans qu’aucune voix ne vienne s’y opposer. Une colère qui prend sa source dans deux monts analogues, le déni démocratique que représentent l’adoption du traité de Lisbonne par voie parlementaire et l’écart sans cesse grandissant entre les plus hauts revenus et les plus bas.

Alors, la question revient sans cesse : jusqu’à quand ? Jusqu’à quand accepterons-nous que les élus non seulement trahissent leurs promesses de campagne (c’est banal, voire folklorique) mais bien plus gravement trahissent leur mandat et l’exercice même de la démocratie en déniant au peuple la capacité à se prononcer sur son avenir ? Jusqu’à quand accepterons-nous que des entreprises ferment, soient délocalisées ou vendues, mettant au chômage des milliers de salariés alors que les groupes qui les contrôlent dégagent des profits extraordinaires ? Jusqu’à quand accepterons-nous que les dirigeants des entreprises soient rétribués en millions d’euros alors qu’il est de bon ton de s’offusquer d’un Smic à 1 500 euros ?

Si l’exercice démocratique est confisqué, si l’ensemble du monde du travail ne cesse de s’appauvrir, si les syndicats n’ont d’autre place que celle de «partenaires sociaux» qu’on leur assigne, jusqu’à quand allons-nous nous taire et rester sans rien faire ? Comment ne pas entendre que la violence populaire sera demain la seule réponse possible pour tous ceux qui étouffent dans cette société où «tais-toi pauvre con!» est devenu la devise de l’Etat et de ses représentants ?


Un peu de pub 

Notre part des ténèbres
Calmann-Lévy, 488 p.

undefinedLa nuit du 31 décembre, Gary et les membres de l’atelier de recherches mécaniques de Mondial Laser, une entreprise de pointe vendue à l’Inde par un fonds spéculatif américain, prennent possession d’un navire de luxe, le Nausicaa. À bord, les actionnaires du fonds et leurs invités célèbrent au champagne une année de bénéfices records.

Tandis que la fête bat son plein - bal masqué, orchestre, caviar - le Nausicaa est détourné. Il met cap au nord, vers la Norvège, le Spitzberg, à la quête des grandes tempêtes d’hiver. Gary, Suz, Dargone, Doc, Amos, Maximillienne dite Maxi, Kiki, Isabelle, Jacqueline, Moïra… et cent autres de Mondial Laser veulent contraindre ceux pour qui ils n’étaient que des chiffres à connaître eux aussi le froid, les vagues en furie, la solitude, l’abandon… Dès lors, tout s’inverse.
Ceux qui étaient condamnés à l’incertitude, à la précarité, à l’angoisse du lendemain, deviennent seuls maîtres à bord. La peur change de côté…
 
Le mot de l’éditeur : Comme Les Vivants et les Morts, le nouveau roman de Gérard Mordillat, Notre part des ténèbres, est d’abord un roman d’action. Livre d’aventure, de mort et d’amour, c’est un texte tumultueux, au cœur d’une tempête, où les passions individuelles, la sexualité, la quête du pouvoir, la trahison, la vengeance, exacerbées par une situation extrême, font que la vie des uns va se jouer contre la vie des autres.

Les vivants et les morts
Calmann-Lévy, 686 p.


undefinedLui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. Bien malin qui pourrait dire pourquoi tout le monde l'appelle comme ça. Même elle a oublié son nom de baptême... Rudi et Dallas travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique.
Le jour où l'usine ferme, c'est leur vie qui vole en éclats, alors que tout s'embrase autour d'eux.

A travers l'épopée d'une cinquantaine de personnages, Les Vivants et les Morts est le roman d'amour d'un jeune couple emporté dans le torrent de l'histoire contemporaine. Entre passion et insurrection, les tourments, la révolte, les secrets de Rudi et Dallas sont aussi ceux d'une ville où la lutte pour la survie dresse les uns contre les autres, ravage les familles, brise les règles intimes, sociales, politiques.
 Dans ce monde où la raison financière l'emporte sur le souci des hommes, qui doit mourir ? Qui peut vivre ?

Publié dans Actu

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