| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
Aujourd'hui, jeudi 13 mars, Libération laisse son journal aux écrivains.
Ci-après, un texte de Gérard Mordillat.
Trahis jusqu’à quand ?
Exemples de dénis démocratiques.
Une colère court de Rennes à Aix-en-Provence, de Metz à Lyon, de Limoges à Amiens, à Lille, à Marseille, à Paris… partout où des hommes et des femmes se réunissent pour parler de ce qui ne va pas
en France aujourd’hui, du réel. Pas du retable des Merveilles que nous font admirer quotidiennement les membres du gouvernement sur les télévisions et les radios : le chômage baisse, le pouvoir
d’achat ne va pas tarder à progresser, les prix à la consommation sont sous contrôle et autres sornettes débitées sans qu’aucune voix ne vienne s’y opposer. Une colère qui prend sa source dans
deux monts analogues, le déni démocratique que représentent l’adoption du traité de Lisbonne par voie parlementaire et l’écart sans cesse grandissant entre les plus hauts revenus et les plus
bas.
Alors, la question revient sans cesse : jusqu’à quand ? Jusqu’à quand accepterons-nous que les élus non seulement trahissent leurs promesses de campagne (c’est banal, voire folklorique) mais
bien plus gravement trahissent leur mandat et l’exercice même de la démocratie en déniant au peuple la capacité à se prononcer sur son avenir ? Jusqu’à quand accepterons-nous que des entreprises
ferment, soient délocalisées ou vendues, mettant au chômage des milliers de salariés alors que les groupes qui les contrôlent dégagent des profits extraordinaires ? Jusqu’à quand accepterons-nous
que les dirigeants des entreprises soient rétribués en millions d’euros alors qu’il est de bon ton de s’offusquer d’un Smic à 1 500 euros ?
Si l’exercice démocratique est confisqué, si l’ensemble du monde du travail ne cesse de s’appauvrir, si les syndicats
n’ont d’autre place que celle de «partenaires sociaux» qu’on leur assigne, jusqu’à quand allons-nous nous taire et rester sans rien faire ? Comment ne pas entendre que la violence populaire sera
demain la seule réponse possible pour tous ceux qui étouffent dans cette société où «tais-toi pauvre con!» est devenu la devise de l’Etat et de ses représentants ?
La nuit du 31 décembre, Gary et les membres de l’atelier de recherches mécaniques de
Mondial Laser, une entreprise de pointe vendue à l’Inde par un fonds spéculatif américain, prennent possession d’un navire de luxe, le Nausicaa. À bord, les actionnaires du fonds et leurs invités
célèbrent au champagne une année de bénéfices records.
Lui, c'est Rudi. Il n'a pas trente ans. Elle, c'est Dallas. Bien malin qui pourrait dire pourquoi tout le monde
l'appelle comme ça. Même elle a oublié son nom de baptême... Rudi et Dallas travaillent à la Kos, une usine de fibre plastique.
Les commentaires