Autodetermination du peuple tibétain !

Publié le par Thierry

Björk à Shanghaï


Communiqué du MRAP

Soutenir le peuple tibétain agressé par l’Etat chinois

Le MRAP exprime sa consternation devant la répression sauvage et sanglante lancée à Lhassa par les autorités de Pékin.
Il condamne avec force l’oppression exercée par l’Etat chinois sur le peuple tibétain ainsi que la sinisation forcée qui se prolonge au Tibet.
Le MRAP réclame une condamnation internationale de la Chine et une pression conséquente pour que cessent ces violences et cette oppression.
Le MRAP réaffirme, selon les principes les plus élémentaires du droit international, le droit à l’autodétermination de ce peuple.

Communiqué issu du Conseil d’Administration du MRAP du 15 mars 2008

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) a exprimé dans un communiqué "sa consternation devant la répression sauvage et sanglante lancée à Lhassa par les autorités de Pékin", et "réclamé une condamnation internationale de la Chine et une pression conséquente pour que cessent ces violences et cette oppression". 


Communiqué de la LDH

Répression au Tibet : tout silence est complice
 
Encore une fois la police et l'armée chinoise s'en prennent brutalement à la résistance tibétaine : dix morts selon les autorités, bien davantage de toute évidence.
 
Alors que la Chine s'apprête à accueillir les Jeux olympiques, elle multiplie ouvertement les atteintes aux droits de l'Homme et à la liberté des peuples. Parce que le souvenir des Jeux de Berlin en 1936 est une tache ineffaçable sur le passé de l’olympisme, aucun des partenaires de la Chine pour les Jeux de Pékin 2008 n’a le droit de se taire devant la manière dont le régime chinois traite tant les peuples qu’il prétend coloniser que ses propres citoyens.
 
Il serait temps que le gouvernement français et l’Union européenne mettent enfin leurs actes en conformité avec leur discours et exigent du gouvernement chinois un changement radical d'attitude avant les Jeux.
 
La Ligue des droits de l'Homme appelle dès maintenant tous les citoyens à écrire à l'Ambassade de Chine à Paris pour exprimer leur indignation et leur solidarité avec les victimes de la répression autoritaire.

 


« Personne ne veut parler du Tibet »
 
Une interview de l’écrivaine française Claude Levenson, grande connaisseuse du Tibet par la Tribune des Droits Humains à genève.
 
Pourquoi les Tibétains manifestent-ils précisément à ce moment ?
Ils protestent parce que c’est le 49ème anniversaire des émeutes de 1959 à Lhasa, dont la conséquence a été l’exile du Dalai lama et de 120.000 Tibétains, et parce que leur droit à l’auto-détermination n’est pas respecté par le régime chinois. Aussi parce que les Jeux olympiques sont un bon moment pour attirer l’attention. Nous avons vu la vaste campagne de propagande que les autorités chinoises ont lancée à l’occasion des JO. Il est l’heure de tourner les projecteurs vers le Tibet.
Le titre de votre livre est « Tibet, la question qui dérange ». Pourquoi cette question est-elle tellement gênante ?
Parce que personne ne veut en parler. Nous savons plus sur la situation en Birmanie parce que récemment il y avait des caméras, alors qu’il n’y a pas d’images de la vie à l’intérieur du Tibet aujourd’hui. Or tous les jours des moines sont persécutés au Tibet, mais nous l’apprenons seulement quand il y a un témoin de l’intérieur. En décembre dernier, lors d’une conférence de presse à Genève, la Haut commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour, répondant à la question d’un journaliste, a admis que les violations au Tibet ont lieu depuis si longtemps qu’elles sont devenues chroniques et qu’on en parle rarement.
Vous dites que personne ne veut parler du Tibet, mais le Dalai Lama a été reçu chaleureusement dans le monde entier, récemment par la Chancelière allemande Angela Merkel.
Oui et la Chine a protesté et proféré des menaces pendant quelques semaines, mais Merkel a persévéré en disant qu’elle continuerait à recevoir le Dalai Lama. Et qu’est-ce qui s’est passé ? Rien ! Seulement elle a eu le courage d’affronter la colère de la Chine. Le plus souvent, les politiciens acceptent de recevoir le Dalai Lama en tant que chef spirituel des Bouddhistes, mais personne ne veut parler du Tibet-pays, et de la façon dont il souffre sous la domination chinoise. Pour cela je critique surtout l’ONU, car elle refuse systématiquement de discuter de la question tibétaine, de peur d’offenser la Chine.
Vous avez voyagé au Tibet pendant 25 ans et connaissez bien le Dalai Lama. Sa succession pose-t-elle problème ?
Le Dalai Lama ne va pas rajeunir et la question de sa succession se pose, mais personne n’ose la mentionner parce qu’elle fâche la Chine et aujourd’hui personne n’ose offenser la sensibilité chinoise ! Ce qui complique les choses, c’est que la Chine essaie d’imposer que seuls les lamas approuvés par son gouvernement soient acceptés. Or pour les Tibétains leur lama est une figure très importante.
Mais un successeur ne peut pas être nommé avant tant que le Dalai Lama n’est pas mort. Donc le problème est que nous ne pouvons pas savoir qui va lui succéder. Au début il va probablement y avoir un régent, jusqu’à-ce que un jeune lama soit reconnu comme successeur du Dalai Lama, ce qui peut prendre des années, car l’enfant peut n’avoir que deux ou trois ans. Qui va gouverner pendant sa régence ? C’est le dilemme des Tibétains en exil.
En tant que son biographe, vous lui avez rendu visite trois fois l’an dernier. Que dit-il à ce propos ?
Quand on demande au Dalai Lama ce qui va se passer quand il ne sera plus là – et on le lui demande souvent – il répond qu’il y a plusieurs possibilités. Il pourrait désigner quelqu’un comme régent et un collège pourrait être créé pour former de jeunes lamas qui le conseilleraient. Mais il dit aussi que c’est aux Tibétains de décider s’ils veulent que l’institution du Dalai Lama continue, parce que c’est une institution humaine, et en tant que telle elle doit aussi prendre fin un jour.
Qu’en est-il des vedettes comme la chanteuse islandaise Bjork et l’acteur américain Richard Gere, qui dénoncent les abus au Tibet. Leurs voix sont-elles importantes ?
Comme les politiciens n’ont pas le courage de dénoncer, c’est à ces vedettes de rappeler le Tibet au monde et d’essayer de pousser les leaders chinois à reconnaître ce problème. C’est un problème politique et de violation des droits de l’homme. Surtout quand c’est des vedettes qui dénoncent, cela embête le gouvernement chinois, ce que tous les autres ont peur de faire. Ils rappellent qu’on ne peut pas continuer à ignorer le Tibet, non seulement à cause des violations chroniques des droits de l’homme, mais aussi à cause de la question de l’eau.
Oui, vous en parlez dans votre livre. Pourquoi est-ce si important ?
Les scientifiques considèrent le Tibet comme le 3ème pôle du monde, avec le Pôle Nord et le Pôle Sud parce que le Tibet est le château d’eau de l’Asie. Tous les grands fleuves asiatiques ont leur source au Tibet. Il renferme tous les problèmes de l’eau, la pollution, la fonte des glaciers et le changement climatique. Dans la bataille globale pour les ressources d’eau qui s’annonce, le Tibet est au centre. 48% de la population mondiale dépend de l’eau qui vient du Tibet. Si nous continuons à permettre que la Chine pollue cette source, cela va être une menace sérieuse pour l’avenir de presque la moitié de la population mondiale.
’Tibet : La question qui dérange’, est publié chez Albin Michel, Paris, 2008. 
voir aussi : http://www.claudelevenson.net/

Publié dans Actu

Commenter cet article