Pour des vélos libérés de la publicité

Publié le par Thierry

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Au moment où la mise en place (imminente) de stations Vélib à Malakoff est présentée comme une avancée dans l'engagement écologique de la municipalité, on peut tout de même s'interroger sur le bien fondé d'une telle initiative...
Indépendamment du fait que c'est signer (encore) un contrat avec une entreprise bien connue pour ses pratiques monopolistiques, quelle sera exactement la note à régler, en  termes de contrepartie publicitaire ? Gageons qu'elle sera, comme partout, bien salée.

Combien de nouveau panneaux publicitaires viendront-ils polluer Malakoff ?

C'est pourquoi nous nous associons à la campagne d'information de l'association Résistance à l'agression publicitaire (RAP) : « Pour des vélos libérés de la publicité ».

Rien contre les vélos, ni le succès des libres-services (17 millions d'utilisateurs de Vélib' à Paris), mais une alerte des citoyens et des maires concernant le risque de coupler l'installation de ce type de service à la concession de l'exploitation de la publicité dans la ville... 


L'association Résistance à l'agression publicitaire (R.A.P.) lance une campagne intitulée « Pour des vélos libérés de la publicité.» Notre objectif n'est pas de discuter l'utilité, ni le succès du système des vélos en libre service mais bien d'en dénoncer le mode de gestion et ses conséquences.

Nous souhaitons, d'une part, informer les citoyens sur le fonctionnement et les contreparties de ces vélos en libre service (VLS) couplés à de la publicité d'autre part, alerter les maires sur les dangers de lier le marché des VLS avec le marché publicitaire et de les inciter à mettre en place un véritable service public de VLS.

 

Si vous souhaitez réagir ou agir

> Signer et diffuser le « Manifeste pour des vélos libérés de la publicité » pour les associations, collectifs, organisations politiques ou la « pétition pour des vélos libérés de la publicité » pour les citoyens,
> Envoyer le dossier sur les dangers de lier le service de vélos en libre service au marché publicitaire à votre maire.


Manifeste

 

A l'heure du réchauffement climatique, l'instrumentalisation d'un projet utile comme le système des vélos en libre service (VLS) par les publicitaires est particulièrement grave pour la société et l'environnement car avant d'être un projet de développement d'un mode de transport non polluant, le système des VLS est avant tout un marché publicitaire.
La contrepartie des VLS se traduit par une augmentation du nombre de publicités avec la généralisation du défilement des panneaux. Systèmes déroulants et le plus souvent lumineux qui décuplent leur impact sur les paysages, provoquant une gêne visuelle conséquente pour les habitants et un gaspillage énergétique inacceptable.
Alors que de plus en plus de villes et de citoyens souhaitent une diminution de la pression publicitaire, il est intolérable que les VLS servent à justifier une inflation de publicités.

En outre, contrairement aux idées reçues, les VLS ne sont pas gratuits et encore moins payés par la publicité. Avec ce système, les villes abandonnent une recette potentielle très importante : la redevance qu'elles toucheraient normalement avec les panneaux publicitaires. Parfois, cette redevance n'est pas jugée suffisante par les afficheurs, qui demandent des contreparties supplémentaires, comme l'argent de la location des vélos, etc.
Mais, c'est surtout le consommateur qui, par le biais de ses achats, paye le système de VLS. L'argent des publicitaires ne vient pas du ciel !

De plus, la collusion du marché des VLS avec la publicité limite le choix des opérateurs aux spécialistes de la publicité, excluant des appels d'offre les professionnels du vélo qui ne proposent pas de gérer de l'affichage publicitaire.
Or, une politique crédible en la matière mériterait qu'on y associe les professionnels de la question. N'y a-t-il pas contradiction totale à financer un projet de promotion de vélos par un secteur qui fait l'apologie de la voiture ?

Il n'est donc pas question de discuter l'utilité de ce projet de vélos en libre service mais bien d'en dénoncer le mode de gestion. Aucune raison fonctionnelle ne justifie de lier vélos et panneaux publicitaires. Au contraire, les collectivités gagneraient davantage notamment en termes de transparence des coûts, de souplesse de fonctionnement et de respect de la concurrence, à dissocier le marché publicitaire du marché des vélos en libre-service.

Plusieurs villes ont envisagé la mise à disposition de vélos en libre service comme un véritable service public. Ainsi, la communauté d'agglomérations du Val de Loire a offert des VLS au même coût que les entreprises d'affichage, mais sans couplage avec un marché publicitaire. Véritable autorité organisatrice de la promotion de ce service, la ville ne se trouve pas pieds et poings liés au marché publicitaire.

En conséquence, nous demandons que la mise à disposition de vélos en libre service ne soit jamais liée au marché publicitaire mais soit au contraire envisagée comme un véritable service public de promotion du vélo au service de la population et non comme un outil de promotion au service des publicitaires.
Au même titre que le bus ou le tramway, la collectivité doit être l'autorité organisatrice de ce service public au lieu d'en confier la responsabilité à des publicitaires privilégiant le choix du court terme par facilité ou par souci électoral.

 

Pour obtenir des tracts "Pour des vélos libérés de la publicité" , c'est ici

En savoir plus :

> CP RAP "Vélib et règlement local de publicité (RLP) à Paris : Un marché contre nature" 20-09-07
> La Vélorution : "'Paris encore un effort pour être vélorutionnaire !" CP 06-03-07
> La gazette des communes : "Le vélo en libre-service ravive la guerre des afficheurs"' 21-05-07
> Rue 89 : "Vélib' à paris ou Vélo'v à lyon :à fond la pub" 20-07-07 (Roberto-Fitsman)
> Libération : "'La bicyclette, nouvel enjeu politique" 04-09-07
> Le Canard Enchaîné : "Tomber dans le panneau de pub" 19-09-07 (Jean-Luc Porquet)
> Le Monde : "Vélib' : la balieue prise en otage par Decaux" 19-09-07 (David Dornbusch)
> Ouest France : "La guerre au couteau du vélo en libre-service" 20-09-07 (Gaspard Norrito)
> Politis : "Ces vélos qui roulent pour la pub" 06-03-08


Crédit photo : http://www.phototheque.org/



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